Mal-logement à La Réunion : quatre habitants sur dix touchés, alerte le rapport 2026

La Fondation pour le Logement publie un rapport alarmant sur une crise deux fois plus grave qu'en métropole.

Mal-logement à La Réunion : quatre habitants sur dix touchés, alerte le rapport 2026
Illustration Viviane Payet / info.fr

Près de 150 000 Réunionnais étaient mal logés ou sans domicile en 2025, selon le rapport annuel 2026 de la Fondation pour le Logement, présenté le 22 avril. La crise s'aggrave d'année en année, avec une liste d'attente pour le logement social en hausse de 72 % depuis 2018 et un financement divisé par trois en 2026.

Quatre Réunionnais sur dix. C’est la proportion de la population directement impactée par la crise du logement sur l’île, selon le rapport annuel 2026 de la Fondation pour le Logement, publié le 22 avril. En chiffres absolus : environ 150 000 personnes mal logées ou sans domicile en 2025, contre 140 000 estimées l’année précédente.

Des chiffres en hausse constante

Le rapport recense plus de 2 500 personnes sans domicile fixe à La Réunion, soit une progression de 39 % en sept ans. Plus de 51 422 ménages attendent un logement social, un chiffre en hausse de 72 % depuis 2018. Au 1er janvier 2026, le parc locatif social comptait 86 293 logements, représentant 24 % des résidences principales - mais avec plus de 8 demandes pour chaque attribution, selon les données de l’ARMOS citées par batisseurs-outremer.com.

Par ailleurs, 24 000 habitations précaires sont concernées par l’habitat indigne sur l’île, dont environ 16 500 résidences principales. En 2025, plus de 1 300 enfants n’ont pas pu être pris en charge par le 115, le numéro d’urgence hébergement, selon la Fondation pour le Logement.

La situation réunionnaise est deux fois plus grave qu’à l’échelle nationale : là où environ deux Français sur dix sont concernés par le mal-logement en métropole, le ratio monte à quatre sur dix à La Réunion. Un écart que la Fondation qualifie de structurel et d’aggravé par les renoncements des pouvoirs publics. Ce phénomène n’est pas sans rappeler d’autres formes de dégradation des conditions de vie observées dans certaines communes françaises en marge des grands centres urbains.

Une production de logements sociaux en chute libre

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Seulement 1 000 logements très sociaux et sociaux ont été financés en 2025 à La Réunion, en baisse de 41 % par rapport à 2020, selon la Fondation. Et la tendance ne devrait pas s’inverser : selon La1ère, le financement du logement social sera divisé par trois en 2026, avec une ligne budgétaire drastiquement réduite qui menace les mises en chantier prévues pour 2027.

La Fondation pour le Logement tire la sonnette d’alarme sur la saturation inédite de l’hébergement d’urgence et ce qu’elle appelle les « grands renoncements des pouvoirs publics ». Elle appelle les maires réunionnais à signer la Déclaration des droits des personnes sans abri et à relancer le plan Logement d’abord - une demande formulée à l’approche des municipales 2026. Cette crise du logement s’inscrit dans un contexte national de fragilisation économique qui touche plusieurs territoires.

Un précédent documenté

La crise n’est pas nouvelle. Un rapport de la Fondation publié en 2025 estimait déjà à 140 000 le nombre de Réunionnais fragilisés par le logement. En six ans, depuis 2018, la liste d’attente pour le logement social a augmenté de 72 %. La Fondation avait déjà, l’an dernier, signalé le recul des financements publics comme facteur aggravant dans plusieurs territoires ultramarins.

Prochaine étape : la Fondation pour le Logement conditionne une partie de ses recommandations au calendrier des municipales 2026. Elle attend des engagements concrets des candidats sur la signature de la déclaration et le respect de la loi SRU, sans date précise annoncée à ce stade.

Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Installée à Saint-Denis, elle couvre les tensions sur le logement, les débats sur l'immigration clandestine, le tourisme et les projets de la Nouvelle Route du Littoral. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a grandi à La Réunion. Méthode : interroger les élus, les associations, les riverains, vérifier les budgets du chantier avant de conclure.

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