Moteur Mercedes : l’avantage s’évapore en 2026, les failles fermées par la FIA changent la donne
Entre bannissement d'une astuce logicielle et fermeture de la faille de compression thermique, le moteur Mercedes perd son hégémonie, Ferrari progresse et Red Bull s'installe.
La FIA a refermé deux brèches réglementaires majeures qui offraient un avantage à Mercedes. Résultat le moteur allemand n'est plus intouchable, alors que Ferrari et Red Bull grignotent du terrain. Analyse des coulisses de la power unit.
L’essentiel
- 28 février 2026 : la FIA révise son règlement pour mesurer le taux de compression à chaud (130 °C) à compter du 1er juin, neutralisant l’astuce thermique de Mercedes.
- Avril 2026 : une astuce logicielle sur le MGU-K, exploitée par Mercedes et Red Bull en qualifications, est interdite par la FIA.
- Gain perdu : l’astuce de compression thermique offrait environ trois dixièmes de seconde au tour à Mercedes.
- Écart mesuré : le moteur thermique Mercedes accuse un déficit de 2 % par rapport à celui de Red Bull, ouvrant le droit à des évolutions compensatoires (ADUO).
- Ferrari progresse : Lewis Hamilton s’impose à Barcelone avec des gains moteur de 0,6 seconde.
Ce qui s’est passé : une double fermeture de failles
Le moteur Mercedes de Formule 1 traverse un tournant. En 2026, l’unité de puissance de Brixworth a longtemps joui d’un avantage technique construit autour de deux failles réglementaires. La première, une astuce logicielle sur le MGU-K (le moteur électrique qui récupère l’énergie au freinage), permettait d’augmenter la puissance en qualifications. Selon The Race, la FIA a banni ce stratagème en avril 2026, touchant également Red Bull qui l’exploitait de son côté.
Mais le coup le plus dur est venu le 1er juin, lors du Grand Prix de Monaco. La FIA a fermé une faille bien plus conséquente : le taux de compression thermique. Mercedes avait trouvé le moyen de contourner la limite réglementaire de 16:1 en utilisant des métaux à dilatation thermique. À froid, le moteur était conforme, mais à chaud - en conditions de course - il atteignait 18:1, offrant un surcroît de puissance estimé à trois dixièmes de seconde au tour (source : GPfans). Depuis le 1er juin, la FIA mesure la compression à 130 °C, rendant l’astuce impossible.
Les conséquences en piste : avantage envolé, Ferrari et Red Bull en embuscade
Sur la piste, le changement est palpable. L’analyste @am_clutch44 résume la situation sur X : « Les histoires de taux de compression des moteurs Mercedes ne font pas beaucoup de bruit mais j’ai le sentiment que ça joue énormément. Mercedes ne survole plus tout le monde en qualifs et en course. »
Les chiffres confirment ce ressenti. La FIA a évalué le moteur thermique de Mercedes en retrait d’au moins 2 % par rapport à l’unité Red Bull (source : The Race). Ce déficit ouvre droit au système d’évolutions compensatoires ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities), un mécanisme prévu par le règlement pour rééquilibrer la hiérarchie. Pourtant, Mercedes temporise. Au Grand Prix d’Autriche, fin juin, l’écurie a installé des pièces neuves sans activer ses jetons ADUO, se limitant à des changements de fiabilité (source : The Race).
Pendant ce temps, Ferrari engrange. GrandPrix247 rapporte que l’écurie italienne a validé des gains moteur de 0,6 seconde, concrétisés par la victoire de Lewis Hamilton au Grand Prix d’Espagne. Le pilote britannique, passé chez Ferrari en 2025, semble avoir trouvé le cocktail gagnant avec l’unité de Maranello. De son côté, Red Bull, déjà performant, n’a pas encore dégainé toutes ses évolutions.
Stratégie et attentes : pourquoi Mercedes temporise
La prudence de Mercedes interroge. Avec un déficit reconnu et des jetons ADUO disponibles, pourquoi ne pas les utiliser immédiatement ? Plusieurs explications circulent. D’abord, le gel des évolutions moteur est total depuis 2022, et le système ADUO est une dérogation très encadrée. Chaque jeton dépensé doit être justifié par une perte de performance mesurée par la FIA. Mercedes veut sans doute maximiser l’impact de ses évolutions en les préparant soigneusement, quitte à laisser filer quelques courses.
Autre facteur : les écuries clientes. McLaren, qui roule avec des blocs Mercedes, attend son tour. Le 4 juillet, Zak Brown a annoncé que son équipe patientait jusqu’au changement de cycle moteur pour installer la dernière spécification (source : GPblog). Un signe que les délais de production et d’homologation sont longs.
Contexte dans le championnat F1 2026
Malgré ce recul relatif, Mercedes n’est pas à la rue. Au classement pilotes 2026, Andrea Kimi Antonelli (Mercedes) mène avec 171 points, devant son coéquipier George Russell (131 pts). Lewis Hamilton (Ferrari) est troisième avec 125 points. La Scuderia a donc réduit l’écart, mais la lutte pour le titre reste ouverte. Le moteur Mercedes, même affaibli, tient encore la cadence grâce à la fiabilité et à un châssis performant. Mais la tendance est claire : l’avantage absolu des années précédentes s’estompe.
La prochaine étape est cruciale. Mercedes devrait actionner ses jetons ADUO d’ici le Grand Prix de Hongrie, fin juillet. Si le gain attendu n’est pas au rendez-vous, la domination de l’ère 2026 pourrait bien appartenir à Ferrari ou Red Bull. En attendant, les regards se tournent vers Silverstone, où le duel Antonelli-Hamilton s’annonce électrique.
Prochaine étape : le Grand Prix de Grande-Bretagne (10-12 juillet) puis la Hongrie (24-26 juillet), où Mercedes pourrait dévoiler ses évolutions compensatoires.
Sources
- RacingNews365 : RacingNews365 - Mercedes et compression thermique
- The Score : The Score - Changement règlement FIA
- GPfans : GPfans - Gain de trois dixièmes pour Mercedes
- The Race : The Race - Interdiction MGU-K et déficit 2%
- GrandPrix247 : GrandPrix247 - Gain Ferrari à Barcelone
- GPblog : GPblog - McLaren attend la dernière spécification