Mulhouse : deux hommes condamnés pour livraisons par drone au CP de Lutterbach
Interpellés en flagrant délit le 29 mai 2026, deux hommes de 26 et 27 ans écopent de peines de prison ferme
Le tribunal judiciaire de Mulhouse a condamné le 3 juin 2026 deux hommes pour livraisons de colis illicites par drone au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach. Recrutés à Paris et Strasbourg, ils avaient été pris en flagrant délit par les gendarmes aux premières heures du 29 mai.
L’essentiel
- Condamnation : deux hommes de 26 et 27 ans jugés le 3 juin 2026 par le tribunal judiciaire de Mulhouse, peines de prison ferme prononcées
- Interpellation : flagrant délit le 29 mai 2026 vers 2h30, rue Eugène-Delacroix, quartier des Coteaux à Mulhouse
- Recrutement : l’un recruté à Paris, l’autre à Strasbourg pour piloter des drones et livrer des colis au CPML
- Établissement : le CPML comptait 903 détenus pour 691 places en mars 2026, selon les données disponibles
Flagrant délit à 2h30 du matin
Tout commence par un signalement. Dans la nuit du 28 au 29 mai 2026, vers 2h30, les gendarmes reçoivent une alerte : un drone s’approche du centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach (CPML). Les militaires localisent rapidement deux hommes dans une voiture garée près d’un immeuble de la rue Eugène-Delacroix, au quartier des Coteaux. Des colis se trouvent dans le coffre du véhicule.
Les deux suspects, âgés de 26 et 27 ans, sont placés en garde à vue. Selon L’Alsace et les Dernières Nouvelles d’Alsace, qui relatent les faits dans leurs éditions du 4 juin 2026, les hommes avaient été recrutés spécifiquement pour cette mission : l’un à Paris, l’autre à Strasbourg.
Des peines de prison ferme prononcées le 3 juin
Le tribunal judiciaire de Mulhouse a statué cinq jours après l’interpellation, le 3 juin 2026. Les deux hommes ont été reconnus coupables de livraisons de colis illicites au CPML et condamnés à des peines de prison ferme. Le détail des peines exactes - leur durée, l’existence éventuelle d’un aménagement - n’a pas été précisé dans les sources disponibles à ce stade.
L’article de référence est signé Alain Cheval pour L’Alsace, repris à l’identique par les DNA. Les deux titres alsaciens couvrent régulièrement les affaires judiciaires de la région.
Un phénomène récurrent depuis 2021
Ce jugement n’est pas isolé. Depuis l’ouverture du CPML en novembre 2021, les tentatives de livraison par drone se multiplient. En septembre 2025 seul, les autorités avaient recensé six survols, dont deux livraisons effectives, selon actu.fr.
Les précédents judiciaires sont nombreux. Un couple avait été condamné en 2023-2024 pour des livraisons similaires au CPML. En janvier 2026, un homme de 21 ans avait écopé de 44 mois de prison pour des livraisons couvrant à la fois le CPML et des établissements strasbourgeois. D’autres réseaux avaient été démantelés en 2024-2025 avec des peines de prison à la clé.
Le modus operandi reste sensiblement le même d’une affaire à l’autre : des opérateurs recrutés en dehors du département, pilotant des drones de nuit depuis des zones résidentielles proches de la prison, à Lutterbach ou dans les quartiers mulhousiens limitrophes. Ce type d’affaire concerne d’autres établissements en France, comme l’illustre la montée des enjeux sécuritaires dans diverses institutions.
Contexte dans le Haut-Rhin
Le centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach est l’un des établissements les plus récents de France. Ouvert en novembre 2021 dans le cadre du plan national de 15 000 places pénitentiaires, il remplace les anciennes maisons d’arrêt de Mulhouse et de Colmar, toutes deux surpeuplées. Sa capacité théorique est de 520 places.
La surpopulation y est chronique. Un an après l’ouverture, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) relevait déjà 681 détenus. En mars 2026, l’établissement accueillait 903 détenus pour 691 places disponibles, selon les données rapportées par les médias locaux. Ce contexte de tension structurelle est régulièrement cité par les syndicats pénitentiaires pour expliquer la pression exercée sur la sécurité de l’établissement.
Mulhouse concentre par ailleurs plusieurs dossiers judiciaires de grande ampleur en 2026. La ville reste l’un des principaux pôles économiques et industriels du Haut-Rhin, département de quelque 765 000 habitants. Stellantis y engage 400 millions d’euros pour sa transition électrique, quand le tribunal judiciaire traite en parallèle des affaires liées à la délinquance pénitentiaire. Des fermetures d’entreprises à Kingersheim, commune voisine, illustrent aussi les fragilités économiques du bassin.
La question du brouillage toujours en suspens
Depuis plusieurs années, des syndicats de surveillants pénitentiaires réclament l’installation de brouilleurs de drones autour du CPML. La question avait été soulevée publiquement après des épisodes de livraison en 2022-2023, relayée par actu.fr. À ce stade, aucun déploiement de ce type de dispositif au CPML n’a été confirmé par les autorités compétentes.
Le parquet de Mulhouse ne s’est pas exprimé publiquement sur les peines prononcées le 3 juin 2026 au-delà de ce que rapportent les médias locaux.
La prochaine étape pour les deux condamnés dépendra d’une éventuelle procédure d’appel, non mentionnée à ce stade dans les sources disponibles.
Sources
- L'Alsace : Livraisons par drone au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach : deux condamnations
- Dernières Nouvelles d'Alsace : Livraisons par drone au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach : deux condamnations
- actu.fr : Drogue livrée par drone à la prison de Mulhouse-Lutterbach
- Ministère de la Justice : Le centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach entre en service