Stellantis Mulhouse : chaînes au ralenti, 400 M€ engagés pour l’électrique dès 2029
Le DG Antonio Filosa en visite à Sausheim le 2 juin, trois modèles Peugeot électriques annoncés sur la plateforme STLA One
L'usine Stellantis de Mulhouse tourne sous sa capacité historique depuis fin 2025, avec arrêts et chômage technique. Mais le groupe confirme 400 millions d'euros d'investissement sur le site alsacien pour lancer trois nouveaux modèles Peugeot électriques ou hybrides à partir de 2029.
L’essentiel
- 400 M€ : investissement Stellantis confirmé pour le site de Mulhouse-Sausheim, sur un plan global dépassant 1 milliard d’euros en France
- 2029 : date de lancement prévue pour trois nouveaux modèles Peugeot électriques ou hybrides de segment C sur la plateforme STLA One
- ~4 500 salariés employés sur le site, dont la visibilité à long terme est désormais assurée selon Stellantis
- 2 juin 2026 : visite du DG Antonio Filosa à Sausheim, en présence des ministres Roland Lescure et Sébastien Martin
- 26 mai 2026 : annonce initiale par Emmanuel Macron, confirmée officiellement neuf jours plus tard par le groupe
Une usine qui tourne loin de son potentiel
À Sausheim, à quelques kilomètres au nord de Mulhouse, les chaînes de montage ne tournent plus à plein régime. Le site Stellantis, qui a produit jusqu’à 300 000 véhicules par an à son pic historique, enchaîne les demi-cadences. Fin 2025, des arrêts de production et du chômage technique ont ponctué le calendrier, selon La Tribune et L’Alsace. Le recul de la demande en Europe et les difficultés du groupe à l’échelle mondiale ont pesé lourd sur l’activité du site alsacien.
C’est dans ce contexte que la visite du directeur général Antonio Filosa, le 2 juin 2026, a pris une dimension particulière. Sa présence sur les chaînes, aux côtés des ministres Roland Lescure et Sébastien Martin, visait à envoyer un signal clair aux salariés et aux élus locaux.
400 M€ pour trois Peugeot électriques
Stellantis engage 400 millions d’euros sur le site de Mulhouse-Sausheim dans le cadre d’un plan d’investissement global dépassant le milliard d’euros en France, selon L’Alsace et Le Figaro. Mulhouse représente ainsi environ 40 % de l’enveloppe nationale.
L’objectif : produire à partir de 2029 trois nouveaux modèles de la marque Peugeot, électriques ou hybrides, de segment C - berlines et SUV. Ces véhicules seront assemblés sur la plateforme technique STLA One, développée en propre par Stellantis. Plus de 500 millions d’euros supplémentaires sont consacrés à la R&D autour de cette plateforme, toujours en France, selon la même source.
Cet investissement est directement lié à l’officialisation du plan Stellantis en France, annoncée en parallèle au niveau national. La visite du 2 juin à Sausheim constituait l’acte de confirmation locale, Lescure et Martin sur site pour appuyer l’engagement de l’État.
Une annonce portée par l’Élysée dès le 26 mai
Emmanuel Macron avait évoqué cet investissement en premier, le 26 mai 2026, selon Le Monde. La confirmation officielle par Stellantis n’est intervenue que neuf jours plus tard, le 2 juin, lors du déplacement de Filosa à Mulhouse. Le calendrier politique n’est pas anodin : le gouvernement cherche à afficher des engagements industriels concrets dans une période de tensions sur l’emploi manufacturier en France.
Contexte dans le Haut-Rhin
Le site de Sausheim est l’un des plus importants employeurs industriels du Haut-Rhin (68). Avec environ 4 500 salariés, il pèse significativement dans le tissu économique de l’agglomération mulhousienne, qui reste l’un des bassins d’emploi manufacturier les plus denses d’Alsace. L’automobile y a une histoire longue : le site a traversé plusieurs crises sectorielles depuis les années 1990, chaque fois en se réorientant vers de nouveaux modèles.
La région Grand Est, dont fait partie le Haut-Rhin depuis la fusion administrative de 2016, dispose d’une forte tradition industrielle automobile, entre Mulhouse et les sous-traitants de Franche-Comté voisine. L’Est Républicain notait d’ailleurs, le 2 juin 2026, que l’investissement Stellantis « ruisselle déjà sur la Franche-Comté », les équipementiers locaux étant directement concernés par la montée en charge programmée du site alsacien. Par ailleurs, le Grand Est bénéficie d’autres dynamiques économiques, comme les 37 M€ engagés par l’État pour la création culturelle à Nancy.
4 500 emplois sécurisés, mais à quel rythme ?
Stellantis garantit une « visibilité à long terme » pour les quelque 4 500 salariés du site, selon L’Alsace. La formulation reste prudente. Entre aujourd’hui et 2029, trois ans de sous-utilisation des chaînes sont encore à traverser. Le rythme de montée en charge, le nombre de modèles effectivement lancés et les volumes de production associés n’ont pas été détaillés publiquement à ce stade.
Les syndicats et les élus locaux attendent désormais un calendrier précis. La direction de l’usine n’a pas encore communiqué sur les modalités de transition entre la production actuelle et le démarrage de la ligne électrique.
Prochaine étape : 2029 et les arbitrages d’ici là
Le lancement des trois modèles Peugeot sur la plateforme STLA One est fixé à 2029. D’ici là, Stellantis devra préciser le volume d’investissement annuel sur le site et le maintien - ou non - d’une activité suffisante pour éviter de nouvelles vagues de chômage technique à Sausheim.
Sources
- La Tribune : Sur les chaînes au ralenti de Mulhouse, Stellantis trace un nouvel horizon industriel
- L'Alsace : Stellantis confirme son investissement d'un milliard d'euros en France
- L'Est Républicain : Stellantis : l'investissement massif à Mulhouse ruisselle déjà sur la Franche-Comté
- Le Monde : Stellantis va investir un milliard d'euros pour relancer son usine de Mulhouse dans l'électrique