Parisot Industries en redressement judiciaire : 6 mois de sursis pour 416 salariés à Mattaincourt

Le tribunal de commerce de Lille a prononcé lundi 8 juin la procédure, ouvrant une période d'observation pour les sites vosgien et haut-saônois du fabricant de meubles en kit.

Parisot Industries en redressement judiciaire : 6 mois de sursis pour 416 salariés à Mattaincourt
Illustration Marc Humbert / info.fr

Le tribunal de commerce de Lille a placé Parisot Industries en redressement judiciaire le 8 juin 2026. Les 416 salariés répartis sur les sites de Mattaincourt (Vosges) et Saint-Loup-sur-Semouse (Haute-Saône) disposent désormais d'un sursis de six mois. Une audience d'étape est fixée au 5 août.

L’essentiel

  • 8 juin 2026 : le tribunal de commerce de Lille prononce le redressement judiciaire de Parisot Industries avec une période d’observation de six mois.
  • 416 salariés concernés : 134 sur le site de Mattaincourt (Vosges), 282 sur celui de Saint-Loup-sur-Semouse (Haute-Saône).
  • 6,5 M€ de pertes en 2025 : le chiffre d’affaires a reculé de 30 % sur deux ans, de 120 M€ à environ 84-89 M€, selon L’Est Républicain et BFMTV.
  • 5 août 2026 : audience d’étape prévue devant le tribunal de Lille ; un administrateur judiciaire doit être nommé dans la semaine.

Ce qui s’est passé lundi soir à Lille

L’audience s’est tenue le 8 juin 2026 à 14h30 au tribunal de commerce de Lille. Des représentants syndicaux - dont la CGT-FO - et la direction du groupe P3G étaient présents, selon L’Est Républicain et Le Trois. En fin de journée, le tribunal a prononcé le redressement judiciaire et ouvert une période d’observation de six mois.

La demande de placement en redressement judiciaire avait été déposée par l’entreprise elle-même après constat de cessation de paiements. La direction avait informé le CSE le 2 juin 2026, soit six jours avant l’audience.

Une entreprise sous pression depuis deux ans

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Parisot Industries se présente comme le leader français de la fabrication de meubles en kit. Créée en 1936 par Jacques Parisot, l’entreprise est aujourd’hui dirigée par son petit-fils Jean-Charles Parisot via le holding P3G Group, fondé en 2008. Le groupe emploie environ 3 500 personnes dans 11 usines en Europe et en Asie, pour un chiffre d’affaires de 360 M€, d’après BFMTV et le site p3g-group.com.

Pour la seule entité Parisot Industries, les comptes 2025 affichent une perte nette de 6,5 millions d’euros. Le chiffre d’affaires a chuté de 30 % en deux ans, passant d’environ 120 M€ à 84-89 M€, selon L’Est Républicain. L’entreprise fournit notamment But, Conforama et Leroy Merlin.

Ce n’est pas la première filiale du groupe à traverser une procédure collective. CBA Meubles, autre entité de P3G, a été placée en redressement judiciaire fin mai 2026. L’audience d’étape pour les deux sociétés est fixée à la même date : le 5 août 2026.

Mattaincourt : un site historique réduit au tiers de ses effectifs d’antan

Le site de Mattaincourt, dans les Vosges, est le berceau historique du groupe. Il a compté plus d’un millier de salariés à son apogée, selon Vosges Matin et L’Est Républicain. Aujourd’hui, 134 personnes y travaillent, soit moins d’un septième des effectifs de la belle époque.

Le site haut-saônois de Saint-Loup-sur-Semouse concentre la majorité des emplois actuels : 282 salariés, soit les deux tiers du total concerné par la procédure.

Pour une commune de la taille de Mattaincourt - moins de 2 000 habitants - l’usine reste un employeur de poids dans un tissu économique rural. La situation rappelle d’autres dossiers industriels vosgiens récents, comme la procédure de sauvegarde traversée par la MFR d’Hadol, à une quarantaine de kilomètres.

Contexte dans les Vosges

Le département des Vosges reste fortement marqué par l’industrie manufacturière, en particulier le textile et l’ameublement. L’emploi industriel y est structurellement fragilisé depuis plusieurs décennies. La vallée des Vosges et le plateau lorrain concentrent des PME et ETI dont plusieurs ont traversé des procédures collectives ces dernières années.

Parisot Industries est l’un des derniers grands noms de la fabrication de meubles en France à maintenir une production locale significative. Son redressement judiciaire s’inscrit dans un contexte sectoriel difficile : la demande de mobilier a reculé en Europe depuis 2023, sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt et du recul de la construction neuve. Aucune déclaration de représentants politiques vosgiens n’a été communiquée à ce stade.

Le département suit aussi de près d’autres signaux économiques : le Rallye Vosges Grand Est 2026 cristallise lui aussi des tensions locales, signe d’un territoire en recherche d’équilibre entre activité économique et cadre de vie.

Prochaines étapes : administrateur et bilan bimestriel

Un administrateur judiciaire doit être nommé dans la semaine suivant le 8 juin 2026, selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté et Vosges Matin. Des points sur la situation financière seront présentés au tribunal tous les deux mois durant la période d’observation.

L’audience d’étape du 5 août 2026 constituera le premier jalon officiel. À cette date, le tribunal de Lille devra évaluer si des plans de continuation ou de cession sont envisageables. Les 416 salariés sauront alors si le sursis obtenu le 8 juin ouvre sur une restructuration viable ou sur une procédure plus lourde. La liquidation judiciaire de 9e Art+ rappelle que la période d’observation ne garantit pas l’issue favorable.

Marc
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Sources

Marc Humbert

Marc Humbert

Marc est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Vosges (88), avec Épinal pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale française des eaux minerales et thermalisme. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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