Saint-Péray : blocage du chantier de déviation annoncé du 14 au 17 mai
Les Soulèvements de la Terre et des associations locales appellent à stopper les travaux, dénonçant l'absence d'autorisation environnementale et des violences policières sous enquête.
Du 14 au 17 mai 2026, les Soulèvements de la Terre et plusieurs associations ardéchoises prévoient de bloquer le chantier de déviation routière de Saint-Péray, sous le slogan 'On Fait Pas L'Pont'. En cause la reprise des travaux en septembre 2025 sans autorisation environnementale complète, et une enquête de l'IGPN pour violences policières contre des militants.
Du 14 au 17 mai 2026, les Soulèvements de la Terre et plusieurs associations ardéchoises prévoient de bloquer le chantier de déviation routière de Saint-Péray, sous le slogan ‘On Fait Pas L’Pont’. En cause : la reprise des travaux en septembre 2025 sans autorisation environnementale complète, et une enquête de l’IGPN pour violences policières contre des militants.
L’essentiel
- Blocage annoncé : du 14 au 17 mai 2026, avec une manifestation spécifique le 16 mai (week-end de l’Ascension), selon le Dauphiné Libéré et les organisateurs.
- Projet contesté : tronçon de 1,6 km, budget de 16 millions d’euros, déclaré d’utilité publique en 2021, porté par la Communauté de communes Rhône-Crussol.
- Suspension puis reprise : travaux suspendus en janvier 2025 par la préfecture pour manquements environnementaux, repris partiellement en septembre 2025 sans autorisation complète.
- Enquête IGPN : ouverte depuis novembre 2025 pour violences d’un policier ardéchois contre des militants écologistes, incluant menaces et propos homophobes, selon Mediapart.
- Soutien élargi : tribune signée par plusieurs dizaines d’organisations, dont Alterre et Les Ami.e.s de la Plaine, publiée sur Ricochets.
Un projet routier vieux de plusieurs décennies
La déviation de Saint-Péray est un tronçon de 1,6 km destiné à contourner le centre-ville et à fluidifier la circulation sur la D533, axe dense reliant la commune à Valence. La Communauté de communes Rhône-Crussol porte le projet, déclaré d’utilité publique en 2021. Son budget global s’élève à 16 millions d’euros, cofinancés par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de l’Ardèche et l’État, avec des financements éligibles jusqu’en 2029, selon le conseil départemental de l’Ardèche.
Pour ses partisans, le projet s’inscrit dans le bouclage du « ring valentinois » et doit sécuriser les traversées piétonnes et cyclistes dans une commune de 7 372 habitants (INSEE, 2023) saturée par le trafic. Les aménagements pour mobilités douces font partie du programme officiel.
Suspension en janvier 2025, reprise contestée en septembre
En janvier 2025, la préfecture d’Ardèche suspend les travaux et prolonge l’interdiction d’accès au site, en raison de manquements environnementaux relevés. Une étude complémentaire est demandée. Mais en août-septembre 2025, la préfecture autorise une reprise partielle - débroussaillage notamment - sans que l’autorisation environnementale complète ait été obtenue, malgré les recours de l’association Alterre et d’autres opposants, rapporte Reporterre.
C’est ce redémarrage que les Soulèvements de la Terre qualifient de « passage en force ». Sur X, le mouvement a réagi :
Biodiversité et artificialisation : les griefs des opposants
Les associations FNE Auvergne-Rhône-Alpes et Alterre pointent l’impact du projet sur un îlot de biodiversité dans la plaine du Rhône. Le tracé implique un passage sous la voie ferrée, avec un « passage à faune » présenté par les opposants comme l’un des plus coûteux de France. Alterre dénonce également l’artificialisation des sols agricoles et l’augmentation prévisible du trafic routier.
La mobilisation des 14-17 mai s’inscrit dans la campagne nationale « Printemps des luttes locales » contre l’artificialisation, selon la tribune publiée sur Ricochets et signée par plusieurs dizaines d’organisations. Le timing n’est pas anodin : le week-end de l’Ascension correspond à une phase clé des travaux sous la voie ferrée, bloquée par la SNCF sur cette période, selon Le Dauphiné Libéré et France Bleu Drôme Ardèche.
Une enquête de l’IGPN pour violences policières
Depuis novembre 2025, une enquête de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) cible un policier ardéchois pour violences contre des militants écologistes lors d’interventions sur le chantier. Mediapart et Streetpress rapportent des faits incluant menaces et propos homophobes. Cette enquête alimente les accusations des opposants, qui dénoncent une répression des actions de résistance sur le site.
Le mouvement des Soulèvements de la Terre place explicitement cette enquête parmi les raisons de la mobilisation de mai, aux côtés de l’absence d’autorisation environnementale. La surveillance renforcée lors des manifestations est un sujet récurrent dans plusieurs départements ces dernières semaines.
Contexte dans l’Ardèche
L’Ardèche est un département rural de 330 000 habitants environ, où les projets d’infrastructure routière suscitent régulièrement des tensions entre besoins de désenclavement et préservation d’un territoire à forte valeur naturelle. Saint-Péray, commune de 7 372 habitants (INSEE 2023) située en rive droite du Rhône face à Valence, constitue un nœud de circulation entre l’agglomération valentinoise et le nord de l’Ardèche.
Le dossier de la déviation est suivi depuis plusieurs années par les associations environnementales locales, dont Alterre, acteur reconnu sur les questions d’aménagement du territoire dans le département. La mobilisation de mai 2026 est la première de cette ampleur sur ce dossier, avec le soutien d’un mouvement national comme les Soulèvements de la Terre - mouvement dont la dissolution avait été demandée en 2023 par le gouvernement avant d’être rejetée par le Conseil d’État.
Les projets routiers contestés pour leur impact environnemental sont devenus un terrain d’affrontement récurrent en France, à l’image d’autres mobilisations locales relayées par des réseaux nationaux. Les forces de l’ordre sont régulièrement mobilisées sur des événements à fort potentiel de tension en ce mois de mai 2026.
Programme et prochaine étape
Les organisateurs prévoient quatre jours d’actions du 14 au 17 mai, avec une manifestation centrale le samedi 16 mai. La tribune publiée sur Ricochets appelle à un « blocage physique » du chantier. Les autorités n’ont pas communiqué publiquement sur le dispositif de maintien de l’ordre prévu à ce stade.
Si le blocage perturbe les travaux sous la voie ferrée pendant la fenêtre SNCF de l’Ascension, des retards sur le calendrier du chantier sont possibles, selon les informations de France Bleu Drôme Ardèche. Plusieurs préfectures alpines ont déjà émis des consignes de vigilance pour ce week-end prolongé de mai.
La préfecture de l’Ardèche n’avait pas répondu aux demandes de précision sur l’état de l’autorisation environnementale au moment de la publication de cet article.
Sources
- Les Soulèvements de la Terre (X) : Du 14 au 17 mai à Saint-Péray : On Fait Pas L'Pont !
- Préfecture de l'Ardèche : Déviation de Saint-Péray : la suspension des travaux et l'interdiction d'accès au site prolongées
- Mediapart : En Ardèche, un policier visé par une enquête pour violences sur des militants écologistes
- Le Dauphiné Libéré : Les opposants au projet de déviation appellent à la mobilisation en mai
- Ricochets : Tribune du 14 au 17 mai – On Fait Pas L'Pont
- France Bleu Drôme Ardèche : Les opposants à la déviation de Saint-Péray parviendront-ils à mobiliser mi-mai ?