Val-d’Oise : l’aéronautique et la défense peinent à recruter des profils qualifiés
France Travail recense des milliers de postes non pourvus dans le département, de Roissy-CDG aux entreprises de défense implantées autour de Cergy.
Le secteur aéronautique et de la défense dans le Val-d'Oise souffre d'une pénurie structurelle de main-d'œuvre qualifiée. L'étude 'Besoin de main-d'œuvre' 2026 de France Travail identifie 41,9 % d'intentions d'embauche jugées difficiles dans ces filières, soit six points au-dessus de la moyenne régionale. À Roissy-CDG, 40 000 postes sont à pourvoir d'ici 2035.
Le secteur aéronautique et de la défense dans le Val-d’Oise souffre d’une pénurie structurelle de main-d’œuvre qualifiée. L’étude ‘Besoin de main-d’œuvre’ 2026 de France Travail identifie 41,9 % d’intentions d’embauche jugées difficiles dans ces filières, soit six points au-dessus de la moyenne régionale. À Roissy-CDG, 40 000 postes sont à pourvoir d’ici 2035.
L’essentiel
- 41,9 % : part des intentions d’embauche jugées difficiles dans l’aérien et la défense au Val-d’Oise, selon l’étude ‘Besoin de main-d’œuvre’ 2026 de France Travail - 6 points au-dessus de la moyenne régionale.
- 40 000 postes à Roissy-CDG : dont 10 000 créations nettes et 30 000 renouvellements liés aux départs en retraite, à horizon 2035, sur une base de 94 600 salariés dans 1 360 entreprises.
- 5 020 salariés : effectif dédié à l’aéronautique dans le Val-d’Oise en 2020, représentant 1,8 % de l’emploi total du département (INSEE).
- Charte signée en janvier 2026 : entre le groupe ADP, France Travail et la préfecture, visant 1 500 immersions professionnelles et 4 500 formations aux métiers aéroportuaires par an.
- 43,8 % : taux national de difficultés de recrutement en 2026, en recul par rapport à 50,1 % en 2025, mais la maintenance aéronautique reste un point noir.
Un territoire stratégique sous tension
Le Val-d’Oise concentre une part significative de l’industrie aéronautique et de défense francilienne. Selon l’INSEE, 5 020 salariés y travaillaient dans ce secteur en 2020, soit 1,8 % de l’emploi total du département. Autour de Cergy et de la plaine de France, plusieurs grands donneurs d’ordres et sous-traitants - dont des acteurs de la défense - cherchent aujourd’hui à élargir leurs équipes sans trouver suffisamment de candidats.
France Travail recense des offres actives pour des ingénieurs en aéronautique et des postes à profil militaire dans le département. Le CEEVO Val d’Oise, agence de développement économique officielle du département, a relayé l’alerte sur les réseaux :
Roissy-CDG : 40 000 postes d’ici 2035
L’aéroport Paris-Charles de Gaulle constitue le principal foyer de cette tension. La plateforme emploie actuellement 94 600 salariés répartis dans 1 360 entreprises, selon les données de Paris Terres d’Envol et Les Echos. D’ici 2035, 40 000 postes supplémentaires sont anticipés : 10 000 créations nettes et 30 000 renouvellements liés aux départs en retraite.
Les métiers les plus en tension sont la maintenance des avions, la sûreté aéroportuaire, la gestion des bagages et le nettoyage. Ces postes combinent des contraintes horaires spécifiques - nuits, week-ends, décalages - et des habilitations réglementaires qui allongent le délai d’entrée en poste.
Pour y répondre, une charte tripartite a été signée en janvier 2026 entre le groupe ADP, France Travail et la préfecture. Elle prévoit 1 500 immersions professionnelles annuelles et 4 500 formations aux métiers aéroportuaires, selon France 3 Régions et Paris Terres d’Envol. Le RER B, axe de desserte direct depuis le nord de l’Île-de-France, reste un levier logistique central pour les futurs recrutés.
Un taux de difficulté hors norme dans le département
L’étude ‘Besoin de main-d’œuvre’ de France Travail place le Val-d’Oise dans une position atypique. Avec 41,9 % d’intentions d’embauche difficiles dans l’aérien et la défense, le département dépasse de six points la moyenne régionale francilienne. En Île-de-France, 388 806 projets de recrutement sont prévus pour 2026, dont 35,6 % jugés difficiles - tous secteurs confondus.
Au niveau national, le taux global de difficultés a reculé : 43,8 % en 2026 contre 50,1 % en 2025. Mais dans les métiers industriels qualifiés, notamment la maintenance aéronautique, la pression reste forte. Le secteur industriel représente 9,3 % des besoins nationaux en main-d’œuvre, selon France Travail.
Contexte dans le Val-d’Oise
Le Val-d’Oise est l’un des rares départements français à abriter à la fois un hub aéroportuaire mondial et un tissu industriel de défense dense. Sa proximité avec le bassin d’emploi de Cergy-Pontoise - troisième ville nouvelle d’Île-de-France - lui confère un vivier potentiel de main-d’œuvre, mais les formations initiales adaptées restent insuffisantes en volume.
Le département se situe dans un contexte de montée en charge budgétaire de la défense nationale. La réorientation stratégique de la défense française en 2026 se traduit par une hausse des commandes industrielles, ce qui amplifie mécaniquement les besoins en recrutement chez les sous-traitants valdoisiens. Le CEEVO, rattaché au conseil départemental, positionne ces filières comme prioritaires dans sa stratégie d’attractivité économique.
Par comparaison, le département voisin de Seine-Saint-Denis connaît des tensions similaires sur des métiers différents : les métiers de santé y sont aussi en forte pénurie, signe d’une difficulté structurelle de recrutement qui traverse plusieurs secteurs en grande couronne parisienne.
Des offres accessibles, des profils introuvables
Sur la plateforme France Travail, des offres pour ingénieurs en aéronautique restent actives dans le Val-d’Oise. Les employeurs ciblent notamment des techniciens de maintenance, des contrôleurs qualité et des spécialistes en systèmes embarqués. Les postes à profil de défense requièrent souvent une habilitation secret-défense, ce qui restreint encore davantage le vivier de candidats mobilisables.
Les entreprises du secteur multiplient les démarches : salons de recrutement, partenariats avec les lycées professionnels et les CFA locaux, forums emploi organisés en lien avec France Travail. L’efficacité de ces dispositifs reste à mesurer dans la durée, notamment pour les postes les plus qualifiés.
La prochaine édition du bilan ‘Besoin de main-d’œuvre’ de France Travail, attendue début 2027, permettra de mesurer si les actions lancées - charte ADP, formations renforcées, campagnes de recrutement - ont commencé à réduire l’écart entre offre et demande dans ces filières stratégiques du Val-d’Oise.
Sources
- Les Echos : Dans le Val-d'Oise, l'aérien et la défense ont besoin de bras
- Les Echos : A Roissy-CDG, 40 000 emplois à pourvoir d'ici dix ans
- Paris Terres d'Envol : Aéroport Paris-Charles de Gaulle : 40 000 emplois à pourvoir d'ici 2035
- France 3 Régions : Comment répondre au manque de main-d'œuvre dans les aéroports parisiens ?
- France Travail : Offres d'emploi ingénieur en aéronautique – Val-d'Oise